21 novembre 2005
Cambodge, décembre 2004
Pour mon premier voyage en Asie ce fut un choc : la poussière, le bruit, la foule, la circulation anarchique mais bien réglée dans les rues de Phnom Penh. Avant mon départ, j'avais pris soin d'aller voir « HOLY LOLA », le film de Bertrand Tavernier sur l'adoption au Cambodge, pour me faire une petite idée du pays et des problèmes rencontrés par les familles qui désirent adopter des enfants.En fait, la raison de mon voyage était justement de suivre des familles françaises dont les dossiers d'adoption étaient bloqués depuis plusieurs mois par les autorités cambodgiennes.
Les premiers jours de mon séjour furent consacrés à la visite des orphelinats où les familles avaient leurs enfants. J'ai compris l'urgence pour ces parents de sortir au plus vite leurs enfants de ces lieux. Au bout de quelques jours, l'ambassade de France leur donna le feu vert pour les prendre avec eux à l'hôtel. Les jours suivants l'horreur monte d'un cran. Avec une équipe d'ONG me voilà dans des bidonvilles, à la périphérie de Phnom Penh, où des familles survivent dans des habitations de fortune montées sur pilotis au-dessus d'eaux croupissantes et marécageuses. Quelques semaines avant mon passage, quatre personnes y sont mortes de fièvre hémorragique.
Le lendemain, nous avions rendez-vous dès six heures du matin à l'entrée de Stung Mean Chey, la décharge d'ordures de la ville. Les routes qui y mènent sont bondées d'une foule immense. Un flot incessant de motos, pousse-pousse et camions grinçants et rafistolés où s'entassent un nombre incroyable de passagers. Mon mototaxi poursuit sa route et pénètre dans la zone de la décharge. Ma première vision des lieux est en plein contre-jour dans un soleil levant bien en face, ne laissant distinguer que des silhouettes dans un immense nuage de fumée. Quelques minutes plus tard c'est une autre vision, celle d'une fourmilière humaine. Des hommes, des femmes et surtout de très jeunes enfants fouillent le sol couvert d'ordures à la recherche de quelques plastiques et métaux. Ce maigre butin leur permettant de survivre au jour le jour.
De là, nous allons visiter la paillote de l'association "Pour un Sourire d'Enfant", des petits bâtiments en bois dans un espace clos à quelques mètres du bourbier. Les enfants des chiffonniers y sont lavés, nourris et jouent entre eux comme dans n'importe quelle cour de récréation. Ce petit îlot de bonheur nous le devons à Marie-France et Christian des Pallières, un couple de français qui, en 1996, crée l'association. Depuis "PSE" gère un centre d'éducation à quelques centaines de mètres de la décharge et emploie 300 collaborateurs dont 90% de Khmers, pour s'occuper de plus de 4000 enfants. Apprenant que le couple entamait en 2005 un tour de France et qu'il serait à Montpellier le 18 Mai organisant une projection débat pour récolter des fonds, j'ai proposé à la toute jeune antenne locale de "PSE" Hérault une exposition photos pour sensibiliser les Héraultais aux conditions de vie des enfants du Cambodge et pour amener un public nombreux à la soirée de rencontre du couple des Pallières. Les ONG sont très nombreuses dans le pays, plus de 400, mais elles n'ont pas toutes une démarche très noble. L'association "PSE" ne se disperse pas et s'occupe uniquement de la décharge. Donnant une dignité à ces enfants, les formant à des métiers pour qu'ils aient la chance de faire partie de la génération qui sortira le Cambodge de sa douleur.
Dominique QUET
Reporter photographe
Les premiers jours de mon séjour furent consacrés à la visite des orphelinats où les familles avaient leurs enfants. J'ai compris l'urgence pour ces parents de sortir au plus vite leurs enfants de ces lieux. Au bout de quelques jours, l'ambassade de France leur donna le feu vert pour les prendre avec eux à l'hôtel. Les jours suivants l'horreur monte d'un cran. Avec une équipe d'ONG me voilà dans des bidonvilles, à la périphérie de Phnom Penh, où des familles survivent dans des habitations de fortune montées sur pilotis au-dessus d'eaux croupissantes et marécageuses. Quelques semaines avant mon passage, quatre personnes y sont mortes de fièvre hémorragique.
Le lendemain, nous avions rendez-vous dès six heures du matin à l'entrée de Stung Mean Chey, la décharge d'ordures de la ville. Les routes qui y mènent sont bondées d'une foule immense. Un flot incessant de motos, pousse-pousse et camions grinçants et rafistolés où s'entassent un nombre incroyable de passagers. Mon mototaxi poursuit sa route et pénètre dans la zone de la décharge. Ma première vision des lieux est en plein contre-jour dans un soleil levant bien en face, ne laissant distinguer que des silhouettes dans un immense nuage de fumée. Quelques minutes plus tard c'est une autre vision, celle d'une fourmilière humaine. Des hommes, des femmes et surtout de très jeunes enfants fouillent le sol couvert d'ordures à la recherche de quelques plastiques et métaux. Ce maigre butin leur permettant de survivre au jour le jour.
De là, nous allons visiter la paillote de l'association "Pour un Sourire d'Enfant", des petits bâtiments en bois dans un espace clos à quelques mètres du bourbier. Les enfants des chiffonniers y sont lavés, nourris et jouent entre eux comme dans n'importe quelle cour de récréation. Ce petit îlot de bonheur nous le devons à Marie-France et Christian des Pallières, un couple de français qui, en 1996, crée l'association. Depuis "PSE" gère un centre d'éducation à quelques centaines de mètres de la décharge et emploie 300 collaborateurs dont 90% de Khmers, pour s'occuper de plus de 4000 enfants. Apprenant que le couple entamait en 2005 un tour de France et qu'il serait à Montpellier le 18 Mai organisant une projection débat pour récolter des fonds, j'ai proposé à la toute jeune antenne locale de "PSE" Hérault une exposition photos pour sensibiliser les Héraultais aux conditions de vie des enfants du Cambodge et pour amener un public nombreux à la soirée de rencontre du couple des Pallières. Les ONG sont très nombreuses dans le pays, plus de 400, mais elles n'ont pas toutes une démarche très noble. L'association "PSE" ne se disperse pas et s'occupe uniquement de la décharge. Donnant une dignité à ces enfants, les formant à des métiers pour qu'ils aient la chance de faire partie de la génération qui sortira le Cambodge de sa douleur.
Dominique QUET
Reporter photographe
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